À l'heure actuelle, notre monde fait face à d'importantes crises migratoires, notamment de l'Afrique vers l'Europe. Ce phénomène s'est fortement accentué depuis 2010 suite aux nombreux enjeux géo-politiques, sociaux et environnementaux qui secouent notre monde. Sécheresses, désertification, guerres civiles et terrorisme avec ses cohortes de populations déplacées, abandonnées... tout concourt aux migrations de groupes humains vers des terres perçues (ou plutôt fantasmées) comme plus faciles à vivre. 
Mais, nous le savons tous, nos pays riches n'ouvrent pas si facilement leurs portes. Très peu passent et parviennent à entamer une nouvelle vie... Beaucoup restent bloqués aux frontières de l'Europe, la Méditerranées formant ce barrage naturel si difficile à franchir.
Avec Maïa, nous sommes partis à la rencontre de ces hommes et femmes, un groupe de migrants, rencontrés dans un camp de Marrakech, capitale du Maroc. La prise de contact n’a pas été facile : elle a lieu dans la rue, au hasard d'une rencontre. Finalement, après quelques échanges, c’est assez naturellement qu’ils nous ont ouvert leur porte.
Grâce à Baka (nom modifié pour éviter toute identification par les autorités et sa famille), nous pénétrons dans un vieil hôtel abandonné. Là vivent (survivent serait plus exact) une quinzaine d’hommes dans ce squat plus ou moins aménagé. Ils sont pour la plupart originaires d’Afrique Noire (Guinée, Sénégal, Côte d'Ivoire…). 
Ces photos témoignent de leurs conditions de vie actuelle, entre espoir et attente...
Nous sommes restés avec eux plusieurs jours. Leurs récits et leurs parcours sont tous très poignants. Avec l’Europe comme Eldorado, ces hommes espèrent une vie meilleure en France, en Angleterre ou encore en Espagne.
“Je préfère mourir noyé que de retourner au pays.”
Ici, au Maroc, ils sont bloqués depuis plusieurs années, 2 à 3 ans voire plus pour certains. Leur but étant de réunir de l'argent et tenter leur chance pour traverser la mer Méditerranée dans des bateaux de fortune.
L’un d’entre eux nous raconte ses tentatives, souvent synonymes d’échecs. Entre le risque de se noyer, se blesser ou encore se faire duper par les passeurs, le chemin est long et dangereux.
Un périple que ces hommes et femmes sont prêts à réaliser au péril de leur vie.